Moots Routt RSL de Yoann – le test ultime

J’ai eu la chance que les étoiles s’alignent lorsque nous avons commencé notre partenariat avec l’échappée belle. J’entamais la réflexion de mon nouveau vélo autour de la longue distance, avec un cahier des charges très précis sur certains points, mais complètement ouvert sur d’autres (comme entre-autres, ma découverte du freinage à disque et du titane)

La fiche technique

Voici ce qui a motivé mon choix final et l’équipement :

  • Du confort avant tout, mais un bon rendement ;
  • Freinage à disque pour préserver les mains sur les longues journées et descentes
  • Groupe mécanique pour disponibilité des pièces et facilité de dépannage
  • Roues assez rapides mais à section large

J’ai choisi le cadre Routt RSL de la marque Moots.

Je ne sais pas ce que veut dire RSL, mais ca consiste en une fabrication basée sur un titane plus rigide et léger, résultant sur un cadre qui comparé au modèle de base, est 400g plus léger et plus sportif (comprendre réactif, rigide).

Au niveau des roues, ce sont les DT Swiss ERC 1100 Dicut qui ont un profil de 47mm et une largeur de jante de 27mm externe.

Le groupe est un Shimano Ultegra gamme 8000 câblé, avec cassette 11-34. Une exception a été faite au niveau du pédalier avec le tout nouveau Praxis Zayante carbon, en compact (50-34). Cela permet un ratio de 1:1 qui me permettra de passer partout. Le freinage lui est basé sur les Juintech F1 avec disques flottants zeno.

L’ensemble des périphériques sont de la marque Parlee pour la tige de selle, potence, cintre.

La fabrication du cadre était assez rapide car j’ai la chance de ne pas avoir un corps hors-normes. Je n’ai généralement pas besoin de sur-mesure et la géométrie du Routt semble tout à fait confortable quand je la compare à ce que je connais. J’ai choisi la taille en fonction de mon dernier bike-fitting. Ce sera donc une taille 52 ! J’ai quand même demandé l’ajout d’un troisième porte-bidon en dessous du cadre 🙂

Bien que Moots n’ai pas de différence entre sur-mesure et série dans leur flux de travail, ce qui accélère le travail c’est notamment qu’ils ont déjà leurs tubes prédécoupés et stockés en kits. La fabrication se fait entièrement à la main et en intégralité dans leurs locaux au sein d’un même bâtiment (le cadre ne voyage qu’une fois fini).

Premier essai du Moots Routt RSL

Au contact – Normandicat

Pour rappel par rapport à l’article qui décrit la planification de ma saison, j’ai donc enchainé plusieurs évènements avec une distance croissante.

J’ai fait mes premiers tours de pédale en Mars 2018, peu avant la normandicat qui était la première course de mon calendrier. Mon objectif était simplement de tester la robustesse du montage et de voir les sensations.

Nous avons roulé sur deux jours avec Fanny et François, ils ont senti à la fin du premier jour que les jambes me démangeaient et que j’appréciais déjà trop ce nouveau vélo ! j’ai roulé le deuxième jour à mon rythme. Le parcours était donc connu pour sa suisse normande, on comprend alors que bien-qu’il n’y ait pas de col à grimper, ce sera deux jours de manège permanent et de coups de culs à n’en plus finir. n’étant pas un parcours des plus roulants, c’est avant tout le confort du vélo que j’ai pu apprécier au cours de ces quelques 900km.

Je ne roulais pas spécialement vite, mais le cadre couplé aux roues chaussées en compass 32mm me donnait une super sensation de flotter sur la route, en avançant sereinement.

Je finis la course sur les chapeaux de roues et plein d’énergie, en réalisant que je finis troisième au classement 🙂 un début satisfaisant pour cette prise de contact !

Born to ride

C’est par la suite en préparant la Born to Ride que j’ai pu goûter aux plein potentiel du vélo.

Les sorties longues ont rapidement pris de la vitesse. les roues encaissent tout ce qu’on leur donne et me permettent de maintenir des bonnes vitesses. la révélation était lorsqu’un jour quelqu’un me lance alors qu’on roulait en groupe de tête : “à quoi ca sert de rouler à cette allure avec des vélos pareils” (nous étions déjà à au moins 35km/h). on s’est tous compris et notre petit groupe de 5 est descendu sur les prolongateurs. Me voilà à appuyer à plus de 50km/h tout en étant confortable. je me dis que je vais certainement éclater en vol si je maintiens ça. mais plus j’avance et plus je me sens stable. le cadre encaisse tout ce que je lui donne, son élasticité est très vive et mes appuis sont très bien retransmis aux roues.

Crédit photo Julien « Bereflex »

Il y a comme une harmonie lorsque l’on engage la bonne cadence, le cadre est comme en phase avec les contraintes et reste très régulier. j’avance à grande vitesse, dans le plus grand des conforts. je n’ai pas besoin de me focaliser sur les aspérités de la route ou à me lever de la selle. il me suffit de rester bien assis et de tracer droit. le plaisir est similaire à chausser des gros skis pour une sortie en poudreuse (j’ai pas dit chevreuse) et tout s’enchaine beaucoup plus facilement.

J’arrive alors au départ de la BTR. je sais que mon vélo travaille bien à une vitesse élevée, on va voir si ca se comporte pareil en bikepacking et si les jambes suivront… Alors évidemment le départ fut canon. je crois que notre vitesse moyenne était de 36km/h au kilomètre 200 au premier checkpoint. Le parcours étant globalement plat et sans passage montagneux, je pense que c’est sur ce profil que le vélo a pu donner son meilleur. Encore une fois, c’était que du bonheur quand on parle de rouler. j’écrivais quand même que globalement, même si cette BTR fût pleine d’apprentissages et s’est bien déroulée, j’ai quand même été un peu frustré par mon rythme de roulage qui était un peu trop effréné et ponctué de trop nombreuses et longues pauses ! ca me fera une belle jambe pour aborder la TCR qui sera le point d’orgue de ma saison 🙂

Transcontinental Race

#TCRNo6Cap61 Checkpoint 2 Mangart Sedlo

Et nous y voilà ! je n’ai pas encore écris à propos de la TCR et bien-sûr j’en parlerai bien plus longuement dans mon blog, mais quand on parle du velo, je pense enfin l’avoir dompté… avec comme seul objectif d’être finisher et de prendre un maximum de plaisir (avec si possible un chrono dans les 13 jours héhé), je prends un départ en toutes précautions et à l’écoute de mon corps car je ne sais pas du tout comment il réagira à une si longue distance. sur la TCR les ennemis sont les pauses, et la gravité. avec 45 000 mètres de D+, il faudra s’armer de patience sur des séances de grimpe interminables, des parcours gravel qui sont plutôt de l’ordre de la séance VTT et des chiens qui vous forcent à faire des prouesses de sprinteurs alors que vous êtes à peine lucide.

C’est en tout cas là que je verrai la vrai versatilité de mon compagnon de route en titane.

la TCR est un parcours exigeant qui est certes parfois très roulant (j’essayais de placer ces portions en fin de soirée pour rouler facilement et en toute sécurité), mais aussi très hasardeux sur certains pays lorsque je me retrouve contraint à quitter ma route pour emprunter des chemins gravel. C’est d’ailleurs lors de la TCR que m’est venue l’envie de pousser mon vélo sur du gravel car je me suis bien rendu compte du fun que proposent ces petits chemins. alors que je n’avais pas les roues pour, j’avais heureusement des pneus Compass Stampede pass en 32mm qui me permettaient vraiment de passer partout. on s’est même amusés lors du fameux checkpoint 4, avec Chas Christiansen et Nico à grimper le tout à la cool au coucher du soleil et arrivés à garder notre humour face à ces chemins entourés de champs de mines à deux pas de Sarajevo.

je passe tout un tas d’anecdotes de la course et sur une note technique, je vais parler de la différence par rapport aux événements précédents qui est la grimpe.

On m’a plusieurs fois demandé ce que donnent les roues dans les cols. soyons clair ce ne sont pas des roues faites pour gravir des sommets. elles restent très légères donc je ne me suis pas senti pénalisé, mais pas avantagé non plus. disons que vu le poids du vélo chargé et notre état de fatigue, l’inconvénient des roues à haut profil devient négligeable. Au final, je pense que j’ai pas mal bénéficié des roues sur la grande majorité du parcours.

La différence se retrouve également après l’effort

Pour moi, le point le plus important était le confort. et sur ce point je me suis rendu compte à quel point ma formule était gagnante. Car quand je vois l’état des autres finishers à peine capables de fermer leur mains, partiellement in-sensibilisés ou contraints d’arrêter à cause de douleurs à la selle, je me suis senti chanceux. je n’ai eu aucun mal à déplorer, à part forcément la selle qui par moment était inconfortable mais c’était grandement tolérable.

Après la TCR, j’ai été à même de reprendre le vélo très rapidement et sans douleur (juste une fatigue toujours présente deux semaines après) et je trouve ça précieux.

Maintenant je pars confiant sur la prochaine saison, sans changement prévu sur mon matériel, si ce n’est peut-être une paire de roues pour le gravel avec des gros pneus comme les steilacom de compass pour aller faire la Malteni Bootlegger!

Yoann Saludes

#Normandicat2018 – L’Echappée normande

Le 11 mai 2018, Fanny, François et Yoann prennent le départ de la Normandicat, une course hors-normes de 900km autour de la Normandie.

On avait chacun nos challenges à relever, en préparation pour d’autres courses (#ZBTR2018, #TCR2018) ou comme une finalité ; cette Normandicat est aussi l’occasion de passer du temps entre copains et co-équipiers, et de parcourir une région de coeur, de la route des Caps à la Suisse normande. Notre planning de route était ambitieux. Comme on est déjà arrivés, on peut vous le dire sans spoilers : on l’a tenu !

Rendez-vous au départ du 900km afin de rencontrer Xavier, l’organisateur. On croise quelques coureurs en terrasse d’un café. Dans cette région proche de la Manche, il y a davantage d’Anglais que de Français. Rouleurs avertis et novices d’une telle distance se mêlent, dans une ambiance conviviale et fidèle aux alleycats (bien que personne n’ait osé ouvrir de bière avant le départ).

A 22h, tout le monde se lance dans son programme. Notre groupe part vers St Vaast la Hougue, vers le Nord-Ouest ; d’autres partiront vers Jumièges à l’Est, ou encore vers Clécy. Autant dire que sur la quarantaine de participants, on ne forme pas de peloton serré dans une seule direction. On prévoit de ne pas dormir la première nuit : il y a l’adrénaline du départ, l’excitation de rouler de nuit, et aussi l’ambition de rouler les 900km en 2 jours, 2x 450km, qui nous tiennent éveillés.

 

1ère nuit

Le parcours est libre et on a travaillé la map en amont sur quelques semaines. De nuit, nous passons par les petites routes, de manière à rester protégé et à voir et être vu facilement. Tom partage notre route au début ; il a les poches remplies de sandwichs au fromage de chèvre. Vers 3h du matin, la pluie s’invite et on s’abrite une heure dans un abribus/bunker en essayant de dormir. Trois vélos, trois cyclistes et une couverture de survie bruyante ne permettent pas de prendre beaucoup de repos.

Cap de la Hague, deuxième check point, et le jour se lève doucement. On repart, avec un vent enfin clément car nous nous dirigeons vers le Sud, vers Granville. C’est l’heure du café, et notre radar en détecte un heureusement ouvert assez tôt.

 

1er jour

Quand on repart, le soleil promet enfin de réchauffer la route. Duncan rejoint notre groupe et on roulera ensemble jusqu’au soir. Sur la longue distance, on se retrouve et on se perd fréquemment. Même en roulant ensemble, il y a peu de drafting : il est essentiel que chacun avance à son rythme, sans forcer. Yoann et Duncan partent souvent devant ; Fanny et François ne cessent de se dépasser et de se motiver ainsi mutuellement. On croisera, à l’approche de notre mi-parcours, dans l’autre sens, d’autres participants à la Normandicat.

A Granville, Duncan n’est plus à nos côtés et nous nous retrouvons tous les trois pour déjeuner de chips, taboulé, sandwichs et framboises. C’est aussi le moment de mettre de la crème solaire, il fait enfin chaud. On profite du café pour vous partager ces instants en live sur Instagram.

Les checkpoints relativement rapprochés nous permettent de visualiser nos étapes à court terme, et il est plus facile alors de tenir nos objectifs. Notre plan de route nous permet aussi de voir quelles villes on va traverser, en cas de nécessité. Duncan nous a rejoint de nouveau et Yoann et lui partent en tête. Lignes droites et toboggans s’enchainent jusqu’à Clécy, où c’est justement au pied d’un vrai toboggan que se trouve le checkpoint. Yoann et Duncan profitent de leur avance pour dormir. C’est déjà la fin de l’après-midi et si on veut tenir nos temps, il nous reste 80km jusqu’à St Cénéri.

Ces derniers kilomètres sont les plus difficiles, on a l’impression de ne pas avancer. François et Fanny s’embourbent d’ailleurs dans un chemin ; François escalade un pont de pierre, et Fanny passe une rivière pieds nus, sous les yeux absolument pas impressionnés d’un troupeau de vaches. On arrive tout de même juste avant la nuit près de l’église où on a décidé d’établir le campement. Finalement dans les temps prévus, Duncan et Yoann ont toujours la forme et préfèrent ne pas gâcher cette énergie. Ils partent donc pour prendre de l’avance sur la journée du lendemain.

 

 

2ème nuit
Fanny/François

Il fait froid la nuit en Normandie, les sacs de couchage se couvrent de rosée. L’église sonne toutes les demi-heures. Il n’empêche, après un bon dîner (sandwich au fromage) et le saut d’un chat ou d’une bête plus curieuse sur le sac de couchage de François, on ne se réveille pas avant 5h du matin.

Le plus difficile n’est pas de se réveiller, mais de sortir du sac de couchage, hors duquel on se gèle. On se prépare donc rapidement en espérant se réchauffer sur la route, ou surtout dans un café. On n’en trouvera pas à moins de 20km de notre chambre à coucher dans la nature, et la journée commence enfin avec cette première pause.

Yoann/Duncan

Yoann et Duncan s’arrêtent pas beaucoup plus loin, environ à 40km de St Cénéri. Par pure chance, lorsqu’ils font leur arrêt pour décider s’ils continuent ou pas, une maison en chantier s’offre comme le bivouac idéal. Le réveil sera aussi difficile, car levés et partis à 4h45, le soleil met pas mal de temps avant de se pointer !

2ème jour

Tout au long de cette deuxième journée, Yoann restera deux bonnes heures devant François et Fanny, qui, eux, font des étapes entre les checkpoints avec chacun leur tour plus ou moins d’énergie et la motivation commune d’arriver à Jumièges et au bac.

Le vent n’est plus notre ami et sans l’avoir jamais de face, il nous agace fortement. La chaleur est forte dans la journée. On s’arrête peu, constamment à la limite de notre planning. Il n’empêche, entre une habitante étonnée de voir des cyclistes, depuis la veille, prendre sa maison-paquebot en photo à Bernay, les 40km de petites routes de rêve après Lyons la forêt, et le corps qui prend le rythme du roulage, l’estomac qui s’habitue au sucre et au sel, cette journée se passe rapidement et efficacement.

Si on ne roule pas ensemble, on reste en contact via des messages et avec toute la communauté qui nous suit sur les réseaux. C’est motivant de partager et on rigole de Yoann, qui, en éclaireur, nous avertit de toutes nos erreurs de mapping.

Note de Yoann : il y a des chances que vous m’ayez entendu gueuler de là où j’étais perdu dans les champs 😉

A Jumièges, on (François + Fanny) prend connaissance de son passage au bac, deux bonnes heures plus tôt. Il est 20h, et on ne compte pas perdre 6h à dormir, alors que l’arrivée est dans 130km seulement. On s’arrête une dernière fois ensemble pour s’habiller pour la nuit, et manger. La dernière étape se fera de nuit, on se souhaite bon courage ; on se reverra à l’arrivée, pour ne pas s’imposer un rythme, surtout si l’un d’entre nous a besoin de 5 ou 10 minutes de repos pour repartir ensuite.

 

L’arrivée, 3ème nuit

Cette nuit se passe de manière différente et étrange pour chacun d’entre nous.

 

Yoann

Bien que je roulais seul, j’ai pu recroiser Duncan aux checkpoints, particulièrement à celui de Jumièges où j’ai fait une jolie erreur de parcours en me trompant de bac pour traverser la Seine ! Magnifique perte de temps… Un petit peu frustré, je souhaite rattraper mon retard. Ca tombe bien car l’énergie est là, je suis bien équipé en nourriture, donc je n’aurai pas besoin de m’arrêter sur les 150 derniers kilomètres. A ce stade, il s’agit juste de ne pas oublier de pédaler. Dès que je me sens confortable, je me dis que c’est pas ce qu’il faut, et je me remets à appuyer un peu en danseuse pour me donner un coup de fouet.

Fanny

Pour ma part, j’ai l’impression que les 80km premiers kilomètres sont faciles et lents. Je me dis que je vais découper la distance restante par tranches de 25km, au bout desquels je ferai des petites pauses pour manger ou fermer les yeux. Je ne m’arrête pas sur 80km. Je regarde le soleil se coucher, les étoiles éclairer la nuit ; j’écoute mes pneus sur la route silencieuse ; je me fais un choc d’adrénaline en passant une voie en travaux, sans savoir si au bout il y a une autoroute ou un cul-de-sac. Je grimpe dans une forêt que je ne vois pas, des chiens aboient en me suivant le long de ce qui paraît être un grand domaine. J’ai envie d’arriver près de la mer. Quand j’arrive à Houlgate, je me rends compte que j’ai vraiment pris mon temps. Je m’arrête enfin et la fatigue me surprend. Je consulte mes messages, les encouragements, et puis je vois aussi que ma lampe annonce qu’elle en a marre (elle en aura marre pendant les 50km restants sans s’affaiblir pour autant). Je continue un peu, et mon Garmin plante. Je sens que la fin va être difficile. C’est là que débarque François, et je suis heureuse de retrouver un compagnon de route au milieu de la nuit alors que je commençais à faiblir.

François

Les premiers kilomètres dans la nuit se passent à merveille : j’ai les jambes, je n’ai pas sommeil, tout se passe bien. Vers 23h30, coup de mou, je décide de quitter la trace GPS en voyant la direction de Pont L’Evêque. Un café, un coca, seront certainement salvateurs. Après cette pause, en voulant retrouver ma trace avec Google Maps (conseil : utilisez l’appli en mode voiture, pas en mode vélo), je me retrouve dans des passages gravel. Au départ plutôt calmes, ça finit en descentes limite VTT ; je dégonfle un peu mes pneus (merci les 35mm Compass tubeless) . Après ce passage un peu hard, c’est de plus en plus dur mentalement. C’est pile à ce moment que je retrouve Fanny, ce qui me redonne de l’énergie.

On fait ensemble et sans se lâcher les 50 plus longs kilomètres de ces 900 bornes. Fanny a besoin de parler pour ne pas s’endormir, et François se concentre et accélère pour se réveiller. On passe par un chemin gravel (une route neuve, selon François), on hésite encore une fois à 5km de l’arrivée avant de faire un dernier détour pour ne pas quitter la route.

Fanny et François arrivent, Duncan et Yoann dorment, Xavier se réveille pour nous accueillir. On discute à voix basse et Yoann se lève pour nous féliciter. On est crevé et on n’a pas vraiment sommeil ; il est 3h30 du matin. Dans 3h, les participants au 200km arriveront.

 

 

Le lendemain

Pelotonnés dans nos sacs de couchage, cette fois bien à l’abri, on ne dort que quelques heures. On se lève alors que Xavier, lui, prépare l’accueil des participants au 200km. On profite de leur ravitaillement alors qu’ils arrivent en nombre. Le café est encore une fois bienvenu. On est content de retrouver Christophe, un habitué de la boutique, qui emmène Benjamin sur son premier 200km.

On remonte sur le vélo pour rouler jusqu’à la gare. Les fesses sont douloureuses. Pourtant, on récupérera tous les trois très rapidement, après une bonne nuit de sommeil. Pas de douleurs intenses, pas de blessures… Yoann et Fanny se sentent rassurés pour le #ZBTR2018 dans moins d’un mois. Dans le train, on dort, on mange encore quelques victuailles normandes qu’on embarque avec nous. On revient sur nos 900km, cette expérience qui nous enthousiasme plus encore qu’avant pour ce format d’ultra-cycling.

 

Merci

Pendant ces deux jours et trois nuits, on a été porté par notre passion, mais aussi, grâce au travail des deux Patrick, de Romain, de Claire restés à la boutique, on a reçu le soutien de toute une communauté. Ces encouragements relayés ont été un coup de fouet pour nous, dans les moments difficiles ; et la joie ressentie au terme de ces 900km, on a envie de la partager avec vous. Merci de nous avoir suivis ; d’avoir envoyé des messages ; de toutes vos félicitations. Si on veut aller plus loin, c’est parce que ça nous plaît d’abord ; mais savoir tout plein de gens au courant de nos aventures nous donne envie de continuer.

A bientôt, sur la route.

 

Yoann nouvel ambassadeur L’échappée belle

Après avoir accueilli Yoann comme nouvel ambassadeur, aux cotés de Fanny, il est maintenant temps de vous le présenter.

Bonjour Yoann, peux tu te présenter ?

je m’appelle Yoann et j’ai 32 ans. J’ai un métier dans l’éducation, où je suis directeur de la transformation digitale d’une école. J’en profite bien car mon emploi du temps me laisse quelques libertés ! Mis à part le cyclisme, j’étais auparavant spécialisé en course à pieds, et plus anciennement triathlète.

Je suis né à Marseille mais je passais toutes mes vacances dans les hautes pyrénées, le pays de mon père.

Peux-tu nous expliquer comment le vélo s’est fait sa place dans ta vie?

J’ai touché à beaucoup de sports différents mais c’est plus particulièrement depuis 10 ans que j’ai été intéressé par le vélo.

D’abord en voyant les lignes épurées d’un pignon fixe, puis rapidement un peu plus sportivement avec notamment les critériums en pignon fixe et le triathlon.
Je me suis écarté du cyclisme après un accident d’entraînement. Sous les conseils de mon coach, je me suis consacré à la course à pieds.

En 2016, 3 ans plus tard,  je n’ai pas pu résister à revenir sur un vélo, quand j’ai vu les images et récits de mes amis roulant en longue distance.

Qui de toi ou de la longue distance s’est imposé à l’autre et comment?

C’est clairement elle qui a eu raison de moi ! Lorsque j’ai fait mon premier trip en solo, je ne savais pas que la graine était plantée pour devenir ce qu’on appelle maintenant un “bike-packer”. Mon rapport au cyclisme a profondement été bouleversé lorsque j’ai vu certains amis qui parcouraient de telles distance. Je venais de disciplines assez intenses et beaucoup me connaissent comme le petit gars qui peut pas trop s’empêcher d’accélérer. Lorsque j’ai repris le vélo après 3 ans de course à pieds, ma recherche de sensations n’était plus la même. Certainement que la grande distance favorise l’introspection que l’âge nous fait préférer au surentraînement.

Et la Transcontinentale (TCR) c’est par esprit de compétition?

J’ai toujours eu un esprit de compétition, mais la grande distance rend humble, particulièrement quand on s’attaque à un petit graal de la discipline, qu’est la TCR. Donc la TCR pour moi, c’est un peu comme un premier marathon : “advienne que pourra”, l’important c’est de terminer.

Si j’ai la chance d’être sélectionné pour participer à cette course, je ne compte faire aucun classement.

Toutefois il y a d’autres courses au programme, particulièrement une dans laquelle je compte appuyer plus que d’habitude. Il s’agit de la Born to ride que j’avais fait l’année dernière et pour laquelle j’ai assimilé une physiologie nécessaire. J’espère ne pas faire d’erreurs stratégiques, bien profiter de mon nouvel équipement et voir mes capacités maximales afin d’être plus serein lorsque j’aborderai une distance plus grande comme la TCR ou la NorthCape 4000 !

Le Genesis Zero.4 de Yoann

Ambassadeur de L’Echappée Belle, pourquoi et comment ?

La communauté cycliste en région parisienne est très riche. Je suis cycliste depuis une dizaine d’années et j’ai la chance d’avoir fait de très belles rencontres dont certaines ont changé ma vie. J’ai toujours pensé qu’on profite mieux d’une communauté en y étant actif. L’échappée belle a déjà une identité forte à laquelle j’adhère particulièrement. C’est beaucoup plus facile pour moi de participer et donner à travers l’échappée belle car nous sommes en phase sur la manière de démocratiser le cyclisme d’aventure et notamment la longue distance.

Quel est ton rôle, que vas-tu leur apporter ?

L’échappée belle n’est pas qu’une boutique. J’y vois surtout une communauté de cyclistes très intéressés, dont certains membres sont réguliers et montrent une envie de progresser.

Fanny y a grandement participé et nous avons maintenant des rides réguliers de tous types. Sur cet aspect là, j’agis en support de Fanny afin de faciliter l’encadrement. Je suis également disponible pour accompagner la progression de certains rouleurs qui sont plus en recherche de performance.

J’ai moi même un grand intérêt pour le cyclisme sur longue distance et j’ai envie de faire découvrir cette discipline. C’est pour cela que je vais organiser plusieurs évènements autour du bikepacking afin d’échanger nos savoirs et expériences. Enfin, initier les « curieux » et les rendre plus confiants pour  s’y lancer !

Peux-tu nous présenter ton velo?

Mon vélo principal est le Genesis Zero.4 que je roule depuis plus d’un an. Je voulais rester sur un velo en carbone, tout en recherche de confort. C’est pour ce dernier que j’ai choisi ce vélo. J’ai donc mis des roues assez polyvalentes car j’aime bien quand les roues répondent à l’appui ! C’est un velo sur lequel je me sens rapide même si ce n’est pas comme le CLM que je roulais avant 🙂

Pour le reste… c’est encore secret mais ca méritera un joli article une fois que j’aurais éprouvé ma nouvelle monture.

Au plaisir de vous voir sur la route, ou autour du comptoir 😉